Prison Des Marins

Récit

L’exploration d’une prison est toujours un moment mémorable. Déjà de par son histoire et son ambiance, parfois glauque, souvent lourde, toujours effrayante !

Mais également par la manière d’y accéder. Le principe même d’une prison est d’empêcher les gens d’en sortir, évidemment, mais également de les empêcher d’y rentrer. Celle-ci est un bloc de béton encadré par des murs de 5 à 10 mètres selon l’endroit, protégés sur leur crête par du verre pilé, auxquels vient s’ajouter du barbelé militaire extrêmement coupant.

La première fois que nous sommes venus (car oui, il y a eu deux essais !), nous sommes accueillis par une pluie battante. Nous sortons à peine d’un autre spot, qui s’est avéré être un échec, et nous avons pris un peu de retard… les rues commencent à s’animer !

Nous sortons de la voiture, bien décidés à affronter les pluies et ces barricades de béton armé. Nous sortons notre matériel du coffre, ainsi que l’échelle téléscopique, fidèle alliée de nombre de nos explorations !

Nous voyons rapidement que nous ne pourrons attaquer cette escalade qu’à un seul endroit. La hauteur du mur varie… 5 mètres parfois, 6 ou 7 un peu plus loin ! Nous sortons l’échelle, pile à la bonne hauteur ! On grimpe, monte sur les murs à califourchon, tire l’échelle jusqu’à nous en prenant soin de la retourner, et la faisons basculer de l’autre coté !

Oups !! Le sol à l’intérieur de l’enceinte est en-deçà du niveau la rue… Impossible de descendre à l’échelle ici, il nous manquerait presque 2 mètres !

Des voitures commencent à passer, les lumières dans les habitations s’allument, et nous sommes aussi fatigués que trempés !

Il faut l’avouer, nous faisons face à un échec cuisant !

Nous décidons de repartir, voguer à d’autres explorations. Nous sommes extrêmement déçus… J’apprendrai quelques jours plus tard par un de mes contacts que la seule façon d’attaquer la prison est par la rue opposée à celle que nous avons empruntée… Belle information… Il faut absolument que l’on y retourne ! Qu’est-ce que 1 000 km dans la carrière d’un urbexeur !? Rien !!

Nous revenons donc, deux semaines après notre premier échec, face à cette prison. Nous sommes toujours sous la pluie, nous sommes toujours fatigués (nuit blanche oblige !) mais nous sommes deux fois plus motivés que précédemment. Nous arrivons cette fois à escalader la façade, l’astuce de mon contact est exacte.

Nous voilà dans la cours des prisonniers. Dès lors, on peut s’imaginer ce que leur vie à pu être, ce qu’ils ont pu ressentir ! Être si proche du monde extérieur et en même temps si isolé… Quelques tonnes de béton nous séparent de la vie urbaine, mais cela suffit à nous transporter dans un lieu où le temps est totalement arrêté ! Les herbes sont hautes et mouillées, les barbelés commencent à tomber des murs, les vitres des étages sont brisées et quelques graffiti décorent l’un des pans de la cour intérieure…

Nous arrivons à trouver les seules failles du bâtiment qui nous permettent de pénétrer l’enceinte de ce fort de pierre… On y arrive sales, poussiéreux, mouillés mais réchauffés !!

Le jour se lève à peine dehors et l’intérieur de la prison est encore totalement noir. Nous découvrons les pièces et couloirs de la prison à la lampe torche, ce qui ajoute à l’ambiance très particulière de cette vieille prison. Il ne nous reste plus qu’à attendre que le jour se lève !

Enfin, près d’une heure et demi après, de grands rayons de soleil apparaissent. Ce sont sûrement les seuls à être entrés dans ces cellules froides depuis très longtemps.

Il ne nous reste plus qu’à sortir nos équipements… Il nous démange de saisir ces ambiances lumineuses, ces textures et ces couleurs qui font que l’urbex est l’une des activités les plus incroyables qui soient pour les photographes que nous sommes !

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