Chateau Sécession

Récit

La découverte d’un lieu abandonné depuis des années est toujours un grand moment d’émotion, surtout lorsque c’est un château, surtout lorsque c’est le château sécession…

Nous arrivons en début de journée sur place et comprenons que l’accès ne se fera pas sans employer notre fidèle échelle télescopique… Un mur d’enceinte de plus de 3 mètres fait le tour du large domaine. Quelle excitation de déplier une échelle en pleine rue, au sus et au vu de tout le monde. J’entends encore raisonner le « clac » de chaque barreau qui se déploie, nous rapprochant un peu plus de l’autre coté du mur !

Échelle en place, calée et stabilisée, c’est parti ! Un par un nous franchissons ce qui sépare l’homme ordinaire de l’explorateur, le seuil de la légalité.

Nous avons été suffisamment discrets pour ne pas être inquiétés d’avoir été vus, et donc d’être cueillis par les forces de l’ordre. Nous sommes bien à couvert dans le parc du château, nous avançons dans cette foret sauvage, là ou de beaux et verts jardins devaient prendre place jadis.

Nous avançons à tâtons, partagés entre le doute et la prudence d’un côté et l’excitation de découvrir l’intérieur de cette large silhouette de l’autre.
Silhouette qui commence à se dessiner au travers des quelques feuilles persistantes qu’il reste aux arbres. Enfin nous voila au pied… Quel bâtiment !

Nous trouvons rapidement un accès et, après quelques cabrioles, tombons nez-à-nez avec les restes d’une authentique chambre du 19ème siècle. Tout y est, le lit minuscule et hors des standards actuels de nos amis suédois, la table de chevet en bois brut, les innombrables bibelots aussi surprenant que désaccordés. Et enfin et surtout, le plus surprenant et inattendu dans une chambre, une sublime et gigantesque bibliothèque. L’âme de tous ces livres semble voguer dans cette pièce. Les centaines de couvertures qui nous regardent paraissent étrangement donner une cohérence à l’ensemble de cette pièce.

Nous continuons à traverser les pièces du château, passant d’une chambre à un salon, d’un salon à une salle de billard et d’une salle de billard à… un bureau tout droit sorti de l’esprit de l’Oncle Sam. Une pièce surmontée d’un coté d’un drapeau américain et néo-zélandais, de l’autre d’un drapeau anglais. Et au milieu de tout le mobilier du parfait ambassadeur trône un ancien canon directement sorti d’une des plus fameuses batailles américaines. Directement pointé sur nous, il semble nous menacer, s’opposer à notre présence !

Un magnifique escalier de pierre et de fer forgé dessert un étage offrant un couloir décoré d’une peinture représentant une improbable scène bucolique, jurant totalement avec ce que nous avons vu pour le moment.

Peu importe la cohérence entre ces univers, il est plus que temps de sortir nos appareils et d’immortaliser ce lieu !
L’un des châteaux les plus mémorables qu’il m’ait été donné de visiter !

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