Le Château de la Forêt, aussi appelé Château de Moulbaix ou Château du Chasteler, figure parmi les lieux urbex les plus emblématiques de Belgique. Ce magnifique château néo-tudor se dresse au cœur du Hainaut wallon, dans le petit village de Moulbaix, au sud d’Ath. Avec ses tours crénelées, ses 344 fenêtres et son style romantique, il attire les explorateurs urbains depuis des années.
Des origines féodales à la reconstruction du XIXe siècle
L’histoire du site remonte au XIIe siècle. À cette époque, la seigneurie de Moulbaix appartient à la famille Hélin, puis passe aux du Chasteler. Charles Quint confirme ce lien en 1540. La famille érige alors un château médiéval sur une motte féodale. Cependant, il ne reste aujourd’hui que des vestiges de cette époque.
En 1860, le marquis Oswald du Chasteler décide de reconstruire le domaine. Il confie le projet à l’architecte athois Désiré Limbourg. Ce dernier crée un imposant édifice dans le style néo-tudor, rare en Wallonie. Le château adopte un plan rectangulaire flanqué de onze tours d’angle crénelées. Il intègre des éléments gothiques romantiques : mâchicoulis, créneaux, échauguettes et meurtrières. De plus, le domaine comprend un parc de 62 hectares, dont un jardin paysager dessiné par Louis Fuchs.
Des drames familiaux et un abandon progressif
La gloire du château est de courte durée. Dès 1865, le marquis Oswald décède. Ensuite, en 1888, la foudre provoque un violent incendie qui ravage une partie du bâtiment. Moins d’un an plus tard, en 1889, la marquise meurt frappée par la foudre alors qu’elle écrit une lettre. Ces tragédies marquent durablement l’histoire locale.
Le château passe ensuite à la famille d’Ursel en 1936. Le comte Aymard d’Ursel et son épouse Nadine en font un lieu florissant pendant quarante ans. Cependant, après leur décès en 2005 et 2007, le domaine sombre dans l’abandon. Inoccupé depuis 2007, il attire rapidement les pilleurs et les urbexeurs. Les explorateurs le surnomment parfois « Château de la Police » en raison des nombreuses interventions. La toiture se perce, les châssis se dégradent et la végétation envahit progressivement les lieux.
Une renaissance inattendue
En janvier 2016, les sept enfants du comte mettent le domaine aux enchères. La famille Govaert l’acquiert pour 3,725 millions d’euros. Dès l’année suivante, d’importants travaux de rénovation débutent. Aujourd’hui, le château échappe à la démolition et retrouve une nouvelle vie. Il conserve néanmoins son aura mystérieuse et son charme romantique.
Le Château de la Forêt incarne parfaitement le destin contrasté de nombreux châteaux belges : d’une splendeur aristocratique à une période d’abandon propice à l’urbex, puis à une renaissance. Ses tours imposantes, son parc majestueux et son histoire tragique en font un site inoubliable pour les passionnés d’exploration urbaine en Belgique.


















